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Il y a 51 ans...

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20 octobre… 1968,
le jour où le saut en hauteur a changé de sens

 

Il y a 51 ans ce dimanche, le jeune Américain Dick Fosbury
révolutionnait la technique du saut en hauteur,
lors des Jeux olympiques de Mexico.

 

En 1963, l’homme le plus haut du monde s’appelle Valery Brumel. Il est né en 1942, en Sibérie, près du fleuve Amour en bordure de la frontière chinoise. Le 21 juillet, il a passé 2, 28 m en saut en hauteur, son sixième record du monde depuis deux ans… Comme tous les spécialistes de cette discipline, il efface les barres en saut ventral.

Cette technique, dite du « rouleau ventral » où l’athlète attaque l’obstacle latéralement en s’enroulant autour de la barre à l’horizontale, nécessite des qualités de gymnaste et une agilité millimétrée. Une méthode théorisée à la perfection en Union soviétique depuis des années.

Au même moment, chez lui dans l’Oregon, tout au nord-ouest des États-Unis, Richard Douglas Fosbury, « Dick » pour les amis, passe 1,62 m en ciseau, une ancienne méthode, que le « ventral » a ringardisé. Il n’a que 16 ans mais il adore ce sport, et aimerait un jour faire comme Brumel et grimper plus haut. Mais il est beaucoup plus grand déjà que le champion russe (1,93 m contre 1,85 m) et son centre de gravité, naturellement élevé, le handicape forcément dans cet exercice. Deux ans plus tard, Fosbury plafonne en saut ventral avec une barre effacée seulement à 1,80 m.

Cependant Dick Fosbury a remarqué que s’il se retourne devant la barre au moment de son impulsion, et qu’il lance ses épaules vers l’arrière, son bassin monte plus haut et il peut passer ainsi la barre plus facilement. Il atteint alors les 2 mètres d’un coup ! En 1965, il remporte un titre junior en franchissant 2,01 m avec cette technique peu orthodoxe. Ses entraîneurs essaient de le remettre au « ventral », mais Dick n’y arrive toujours pas, et retombe sur sa limite d’1,80 m !

De guerre lasse, ses coaches le laissent donc faire à sa manière, lui conseillant de renforcer musculairement ses jambes, mais doutant que ce style de saut soit un jour homologué dans les grands rendez-vous internationaux. Pourtant, en y regardant de près, les juges constatent que Fosbury respecte la règle car la seule obligation est de ne prendre son appel que d’un seul pied…

 

Voir la vidéo directement sur Youtube

 

En 1967, Dick Fosbury se propulse ainsi à 2,10 m, lors du championnat universitaire des États-Unis. En janvier 1968, il s’impose aussi aux championnats en salle, avec 2,13 m. Lors des championnats d’été, il s’impose avec une hauteur de 2,19 m. Et lors des premières sélections, à Los Angeles, en vue des Jeux Olympiques de Mexico, il passe 2,21 m, meilleure performance mondiale de l’année !
Il a donc sa place dans l’équipe américaine, aux côtés du spécialiste n° 1 des États-Unis, Ed Caruthers.

À Mexico, où les épreuves se disputent en altitude (2 300 m, favorisant les records du monde de douze épreuves), sa façon de sauter régale le public mexicain qui lance des « Olé ! » le 20 octobre, à chaque barre que Fosbury passe, toutes à son premier essai : 2,03 m, 2,09 m, 2,14 m, 2,18, 2,20 m et 2,22 m ! Cette dernière hauteur est celle où le Soviétique Valentin Gavrilov, un des grands favoris, échoue. Caruthers la passe, mais pas celle de 2,24 m. Fosbury échoue deux fois, mais à son troisième essai, il franchit les 2,24 m.
Nouveau record personnel national et olympique : il devient champion olympique, à 21 ans !

 

« Je sentais les 80 000 spectateurs fascinés, se souvenait-il il y a quelques années. Au moment de sauter, le stade devenait soudain silencieux, et après chaque saut, il explosait de joie. Après trois heures de concours, ce fut encore plus étonnant, car les premiers marathoniens arrivaient pour deux tours de piste. Ils ne comprenaient rien à ce qui se passait, ce grand silence puis cette explosion, et regardaient dans tous les sens ! »

Pressé par les journalistes qui n’arrivent pas à mettre un nom à son style, Dick baptise lui-même son saut : « Fosbury flop ! » « Autant par goût pour l’allitération que par autodérision, a-t-il expliqué par la suite. Parce qu’un journaliste avait décrit mes sauts comme ceux d’un poisson bondissant hors de l’eau… Si mon saut a conquis tous les sautoirs du monde ensuite, c’est parce qu’il est naturel. Avec ou sans moi, il serait né tôt ou tard… »

Une photo retrouvée par un journaliste à la fin des années 1960 en atteste : Bruce Quande, un athlète resté anonyme du Montana, y avait eu recours dès 1963 dans une compétition scolaire. Fosbury raconte aussi avoir vu en 1965, à Vancouver, une jeune canadienne de 14 ans, Deborah Brill (qui sera 5e des JO de Los Angeles en 1984) le faire…

Mais c’est bien son saut victorieux de Mexico qui fait le tour du monde, et les tout jeunes athlètes s’y mettent avec enthousiasme, alors que les plus anciens sont réticents. Les premiers à se lancer dans ce nouveau style sont les femmes, et notamment Debbie Brill,
qui en 1970 gagne grâce à ce saut lors des Jeux du Commonwealth à Edimbourg.

Fosbury, lui, ne grimpe pas plus haut, se consacrant plus à ses études d’ingénieur qu’à son sport. Quatre ans plus tard, il échoue aux sélections américaines pour les Jeux olympiques de Munich, ne franchissant seulement que 2,08 m.

Le record du monde de Brumel sera pourtant battu en « ventral » dans un premier temps, par un autre Américain, Pat Matzdorf, avec 2,29 m en 1971. Avant qu’un autre Américain, Dwight Stones, premier grand adepte de Fosbury, passe 2,30 en 1973, puis 2,31 m et 2,32 m en 1976. Mais un autre Soviétique, l’Ukrainien Vladimir Yashchenko, passera 2,34 m en ventral au cours de l’été 1978, la dernière barre record atteinte avec cette technique. Car les douze records du monde suivant seront tous réalisés en « Fosbury », jusqu’au dernier en date, de Javier Sotomayor, en 1993 à 2,45 m.

 

 

- Article de Jérôme Bergot pour Ouest-France -

 


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